balades d'un couple franco-japonais…

Trans-port(s)

Bonjour! Tu as remarqué comme souvent, les sentiments de bonheur, de bien être, de sérénité, sont mis en exergue par un bon repas? En ce qui me concerne, ça marche à tous les coups. Hier soir, nous étions partis pour un simple petit repas entre amis à Kobe, puis une petite visite du port, mais au bout du compte j’ai eu droit à bien plus. Un vrai transport émotionnel, encore une prise de conscience de la chance que j’ai, pas seulement d’être au Japon, mais surtout d’être arrivé, je crois, à ma place. Je sais que parmis mes lecteurs, il y a toi, qui vit au Japon depuis longtemps, ou toi, qui n’y est jamais venu mais qui en rêve, ou encore toi, qui est déjà venu mais cherche toujours à en savoir un peu plus. Je n’ai aucune idée par contre d’à quel point mes délires sentimentaux peuvent te parler, selon ta vie, ta propre expérience, ta façon de voir les choses etc… Toujours est-il qu’il y a des choses qu’ont peut prendre en photo, et d’autres qu’on ne peut pas… Prends ce qui t’intéresse.

Non, ce n’est pas la lune, c’est la lampe sous laquelle on va se régaler. Nous sommes donc à Kobe, dans un izakaya avec Sakura et deux amies. Si tu ne connais pas le fonctionnement général de l’izakaya, en voici un rapide descriptif. On s’installe, et on commande plein de petits plats que l’on partage. Le service est très rapide, alors on commande d’abord un ou deux plats, puis deux autres etc etc… de même pour les boissons. Du coup, il y a toujours une serveuse dans la petite pièce avec nous, soit pour prendre la commande, soit pour nous l’apporter, soit pour débarrasser la table.

Maintenant que tu sais comment ça se passe, je te propose de déguster avec nous ce repas… On attaque avec une salade au parmesan, grand classique de la salade au Japon, même moi j’en mange (et si tu me connais personnellement tu sais que c’est un miracle).

On ne perd pas de temps pour enchainer avec le plat suivant…La salade est encore sur la table qu’on nous apporte déjà la suite.

Encore du grand classique avec des brochettes variées… Foie, poulet, légumes et porc, il y en a pour tous les goûts, et la saveur sucrée de la sauce flatte toujours autant le palais. Voyons ce que la serveuse est déjà en train de nous apporter.

Ohlalaaa des sashimi de poulet! C’est beau, et en plus c’est bon (pas autant que des sashimi de thon ou de sanma, mais ça vaut le coût d’essayer). Et qu’est-ce que c’est là derrière?

Des sashimi encore, mais de cheval cette fois! C’est ma commande ça! Quand j’étais petit, ma mère me préparait souvent des steaks de cheval, et j’adorais ça! Il m’arrive encore d’en manger, mais plus rarement vu son prix, et la fermeture des boucheries chevalines. Je voulais donc goûter du cheval cru. Bon, je dois avouer que j’ai été assez déçu. Sans la sauce, la saveur n’est pas si prononcée que je l’avais éspéré. Je reste donc un inconditionnel du sashimi de base.

On passe maintenant aux tempura, les beignets japonais, qu’on ne présente plus. En voici aux crevettes présentés dans une corolle comestible. Superbe.

Il faut savoir quand même qu’il est très difficile de prendre des photos de chaque plat. Presque à chacun d’entre eux, j’ai failli oublier. Quand on est dans son repas, et avec le rythme soutenu des renouvellements de plats etc, c’est pas évident. Si j’explique ça, c’est parceque, bien sûr, j’ai fini par relacher mon attenton, et j’ai dévoré mon dessert avant même d’avoir pu te le montrer. Sache néanmoins qu’il était à la fois magnifique et délicieux. Une verrine de glace à la mangue, des morceaux de mangue, de la crème fouettée et des petits biscuits au chocolat. Simple et efficace.

Précisons tout de suite que pour accompagner tout ça, nous avions toujours le verre plein, profitant du nomihodai (飲み放題), une sorte de formule de boisson à volonté pendant un temps déterminé. L’ensemble du repas nous est revenu à moins de 25 euros par tête, juste pour te donner une idée. J’adore les izakaya. L’ambiance y est toujours excellente, les plats simplement délicieux, l’accueil chaleureux. En plus, c’est typiquement le genre d’endroit où j’oublie que je suis un étranger. Et ça, c’est pas désagréable! Attention, anecdote :

J‘ai rencontré un Français à Tôkyô qui était là en vacance depuis un mois et repartait 2 jours après. Nous sommes allé manger et lorsque je lui ai demandé ce qu’il préférait manger, il m’a dit « n’importe je connais rien, j’ai toujours mangé au McDo »….. J’ai été choqué et vraiment peiné pour lui! Certes il est difficile quand on voyage seul et qu’on ne parle pas la langue, d’aller dans un izakaya… Mais il existe beaucoup d’établissements où il suffit de choisir son plat sur photo à un distributeur de tickets, puis on est servi au comptoir, il n’y a pas besoin d’un mot. Et sincèrement, voyager au Japon et se priver de l’aspect culinaire du pays, c’est rater 60% du voyage à mon avis. Ce soir là, on a emmené le garçon dans un izakaya et on a cassé notre tirelire pour qu’il ne reparte pas sans avoir goûté le Japon.

C‘est le mot qui convient… En sortant de notre repas, nous entamons notre promenade digestive en direction du port, où je veux absolument aller pour prendre une ou deux photos. Sur la route nous avons droit à ce magasin au nom très parlant à un français. Cela faisait longtemps que je n’avais pas prit de cliché de « franponnais« , mais celui là était tellement dans le ton, que je ne pouvais pas le rater. Nous passerons aussi devant un immeuble très français, puis non loin de là, un petit kiosque au coeur du quartier Chinois…

On est samedi soir, et pourtant les rues sont desertes. On se croirait dans une petite ville de banlieue (ce qui est finalement le cas), mais Kobe est quand même la 6ème ville du Japon. Nous arrivons au port où nous attend la tour, véritable best seller de carte postale.

Il y a là aussi un drôle de bâteau, qu’on croirait sorti d’un film de pirates (c’est pas rare au Japon, d’après ce que j’ai pu constater dans différents ports, mais je ne sais toujours pas pourquoi), et qui contraste d’autant plus avec l’hôtel à l’architecture originale et l’éclairage futuriste que l’on voit derrière.

Et si tu penses que tu vas éviter la traditionnelle Grande Roue ici, tu te trompes, et en voici la preuve.

Alors que je prends cette photo, et que je prévois de me retourner pour quelques clichés supplémentaires des structres illuminées du port, ma montre indique 23h00. Lorsque je me retourne pour mes derniers clichés, tout est éteint! Quelle surprise! J’étais vraiment persuadé que tout restait allumé toute la nuit, et je m’étais bien planté! Heureusement qu’on est arrivé à temps! Nous pouvons alors regagner la gare pour rentrer sur Osaka par le dernier train.

Si en France le dernier métro ou tram est généralement desert voire peuplé d’individus avec qui on n’a pas forcément envie de causer, au Japon, c’est tout l’inverse. Le dernier train est toujours plein comme un oeuf. Quelle surprise ce soir d’entrer dans un train desert!! Je ne prends jamais de photo dans le train, je suis bien trop gêné. Mais puisqu’exceptionnellement il n’y a personne, je ne peux pas resister à l’appel du déclancheur. Tous les trains ou presque sont sur le même modèle au Japon. Pourtant, les trains d’Osaka ont une ambiance bien particulière comparé à ceux de Tôkyô par exemple.

Peut-être à cause de l’usure des fauteuils verts, et surement à cause des nombreuses publicités accrochées au centre du wagon, donnant cette espèce de désordre chaleureux qui participe à l’ambiance du Kansai selon moi. En tout casn il y a une constante : la propreté. Je rappelle qu’il est 23h30 bien tassé, et voilà l’état du wagon après une journée de service.

Le train démarre, et je continue mes clichés tout en pensant à notre petite soirée, à quel point j’aime les transports en commun ici, et la façon qu’on a, ici, de gérer la proximité… Attention anecdote :

Dans nos cours de culture, on nous apprend à enseigner à nos élèves comment integrer les différences majeures entre nos cultures via des exemples non abordés dans les manuels de langues. Tu sais peut-être qu’au Japon, on ne se touche pas, ni pour se saluer, ni pour taper sur l’épaule de son pote (ça arrive, mais souvent avec l’aide de l’alcool, ou alors entre amis et certainement pas en pulic). Dans le train, il arrive qu’on soit obligé d’être en collision permanente. Les Japonais ont un mode de fonctionnement très amusant dans ces cas là : ils ignorent complètement le problème. Aucune réaction, aucun regard, rien. Il arrive aussi fréquemment de voir quelqu’un dormir sur l’épaule de son voisin qui lui est totalement inconnu, et ce dernier ne plus bouger pour éviter de réveiller brutalement l’autre., et lorsque le rêveur émerge, aucune excuse, aucun signe de gêne… chacun reprend sa vie ou sa sieste, en penchant la tête sur l’épaule de l’autre voisin. Hier en allant à Kobe, une jeune fille au téléphone (donc sans gêne) est passée en nous bousculant Sakura, un homme derrière nous, et moi. Rien que ça! Trois personnes et ni un « sumimasen », ni un « gomen » ni un « merde ». L’homme et Sakura n’ont pas bronché, mon sang n’a fait qu’un tour, j’étais déjà prêt à l’attraper par le sac et à lui dire « oh ça va ouais? on te dérange pas trop? ». Je n’en ai rien fait bien sûr, mais je me suis amusé de constater la différence de réaction entre les passagers et moi. Hé oui, chez nous, la situation de « conflit » est toujours traitée par la confrontation. Ca ne veut pas dire se battre à chaque fois. Certains pousseront juste un peu plus que le voisin, pour montrer qu’ils sont là, d’autres prononcerons un on vieux « rhooooo » etc… Mais il y aura toujours un affrontement. Nous devons préparer nos étudiants à ça avant qu’ils ne débarquent en France, parcequ’autant il est agréble de s’adapter au fait que tout le monde prenne sur soi, autant le Japonais risque de se prendre une beigne assez vite si il pense que les Français vont juste les laisser passer…

Je ne sais pas si je perdrai mes relexes français après une longue période ici, mais pour l’instant, je me rends bien compte que si je me sens bien ici, à ma place avec Sakura etc etc, quand je me regarde dans le miroir, je suis un peu décalé par rapport aux autres, et j’en suis drôlement heureux. Non pas que leur attitude me choque, me déplait ou quoi que ce soit, loin de là! Ni parce que je veux perdre mon côté occidental, au contraire, je suis juste content d’être suffisamment en décalage pour observer, et donc apprendre. Dans le rang, mais pas bien droit…

Et alors que tout ce beau discours est inspiré dans ma tête par ce simple anneaux pas bien droit, nous arrivons à la station suivante, et le quai bondé me fait comprendre que l’instant rare est terminé. La seconde d’après, il n’y a plus de place assise, et plus beaucoup debout… Il est 23h45, tout le monde rentre à la maison.

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5 Réponses

  1. Val

    Dans le rang mais pas droit… voilà qui résume aussi le sentiment que j’ai en rentrant du Japon pour retrouver ma vie. Belle ballade, vu l’ambiance. Merci a+

    02/11/2010 à 08:55

  2. Bon retour! Et merci de la visite à mes côtés!

    02/11/2010 à 09:02

  3. kyn

    Pinaise !! on a l’impression que le train est un photomontage O_o
    Pas une saloperie au sol, ni une saleté, ni de siège déchiré, abîmé, etc….
    Vraiment incroyable pour moi (vui j’habite la banlieue parisienne donc le metro et autre RER, voilà quoi -____- yerk)

    06/11/2010 à 16:59

    • Oui la propreté Japonaise n’est vraiment pas une légende, et le monde ferroviaire en est une superbe illustration, que ce soit dans les trains, dans les stations ou même sur les rails. Je prépare une série de photos de rails prisent au hasard de mes pérégrinations parce que je trouve ça très amusant et carrément iréel de voir les rails ici. Aucun papier, aucun mégot, ça donne une impression bizarre.

      Cela dit, à Osaka les sièges sont assez vieux dans certains trains (comme celui de la photo) mais effectivement s’ils sont usés, ils ne sont jamais vandalisés.

      08/11/2010 à 03:39

  4. kyn

    J’ai hâte de voir tes photos 🙂
    Je sens que je vais encore halluciné ^__^

    08/11/2010 à 22:32

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