balades d'un couple franco-japonais…

Télé la réalité.

Toujours en plein coeur de la mer intérieure de Setô, au large de Shikoku, dans une région réputée pour sa production d’olives, ses décors aux accents méditerrannéens et ses habitants chaleureux, l’étape d’aujourd’hui sera longue et intense. Sous un soleil de plomb, les candidats seront confrontés à des épreuves d’endurence, des moments difficiles, mais aussi des rencontres inoubliables! Aujourd’hui, ils devront, plus que jamais, faire appel à leur esprit d’équipe s’ils veulent gagner l’épreuve d’immunité et remporter une soirée spéciale qui leur ouvrira les portes du folklore du pays : une représentation de théâtre Kabuki. L’étape commence à Teshima, et la course se poursuivra jusqu’à l’un des lieux les plus romantiques de l’île de Shôdoshima : l’Angel Road. Une émission particulièrement longue aujourd’hui, et pleine de rebondissements! Bonjour et bienvenue dans Pekin Express : les chemins de Setô! (générique)

C‘est en plein coeur de la campagne, sur l’île de Teshima que commence l’étape. Les locaux sont déjà affairés aux travaux agricoles. Nos trois candidats sont arrivés par bateau et doivent maintenant trouver le moyen de rallier le deuxième port de l’île avant que la balise ne sonne la fin de la course. Mais pour l’instant, le trio découvre avec bonheur les paysages  et les plages qui offrent de splendides panoramas sur la mer de Setô.

Le départ est lancé, les candidats ont jusqu’à 16h20 pour découvrir les secrets de l’île, avant de regagner Shôdoshima avant le coucher du soleil. Ils commencent tout de suite par un petit temple balisé par un beau Torii blanc.

En haut des escaliers, le temple sobre attend traquillement d’être découvert.

Le trio doit maintenant trouver un nouveau moyen de locomotion, car ils doivent faire le tour de l’île. Ils choisissent le vélo, qui leur semble tout indiqué pour se déplacer facilement, tout en gardant la possiblité de s’arrêter quand ils le souhaitent.

L‘expérience de facteur de Niwatori parait être un atout pour le maniement de l’engin. Malgré la mise en garde du loueur de bicyclette à propos d’une grande pente à monter, nos amis ne se découragent pas! Après tout, ils viennent d’Ôsaka, la ville dont le nom même signifie « Grande Pente »!

C‘est sur les chapeaux de roue que le treck à vélo commence. Il faut sortir du village portuaire pour suivre l’itinéraire prévu. L’occasion de premiers clichés de reservoirs anciens très photogéniques, ou de petites rizières privées aux couleurs vives sous le soleil matinal.

Très rapidement cependant, la compétition va rattraper nos touristes, et la dur réalité va les frapper de plein fouet. La pente dont ils se sont moqué a tôt fait de leur rappeller qu’ici, il va falloir survivre. Plus de 2 kilomètres où la force des jambes sur ces vélos de préposé des postes ne suffira pas. Il faut pousser, et la chaleur ne va pas aider les malheureux optimistes.

A quelque chose malheur est bon puisque la récompense de la vue sur le port les attend.

Plus haut encore, ce sont les rizières en terrasses qui vont flatter la rétine de nos courageaux cyclo-piétons.

La chaleur monte, le trio doit déjà reprendre son souffle. Les rapaces de l’île tournent au dessus des plus faibles. Il faut rester lucide.

Les candidats profitent de ce moment de repos pour découvrir une des oeuvres exposée ici le temps du grand Setouchi Intenational Art Festival 2010. Ici, c’est une oeuvre implantée dans un petit bassin, très poétique et pleine de sérénité qui attend nos aventuriers. Une multitude de mobiles caressés par le vent.

L‘art contemporain en regard permanent avec l’art ancestral, illustré ici par cette petite stèle de bord de sentier.

Il est temps de reprendre la route. C’est maintenant une belle descente qui tend ses bras aux trois compères. Cheveux aux vents, ils profitent de ce moment pour se rafraichir. Mais tout à coup, c’est le drame! Alors que Niwatori double Sakura, il entend un grand bruit et pense que sa dulciné est tombé! Ses mains pressent sur les freins de toutes ses forces, et le vélo fini par s’arrêter au bout d’une dizaine de mètres. Il se retourne inquiet, mais sa belle va bien. Il semble que sa chaussure ait touché le pneu avant et se soit fait « happer » par la roue!! La chaussure est maintenant coincée entre la fourche et la roue, et il faudra de la patience et beaucoup d’energie pour réussir à la dégager. Une fois ceci fait, les jeunes gens découvrent avec stupéfaction qu’il ne s’agit pas là du seul dégat provoqué par cette mystérieuse aspiration de chaussure…

Incroyable!! Le garde boue lui aussi s’est tordu et bloque maintenant complètement la roue! Impossible de le dégager, et donc de continuer la course… L’équipe va-t-elle devoir déclarer forfait?

Il faut trouver une solution. Sur les 3 téléphones portables de l’équipe, seul celui de Saori capte un réseau. Elle téléphone donc à l’accueil du festival, seul numéro figurant sur les brochures contenues dans la pochette d’étape. Maintenant au courant de l’affaire, l’équipe de l’accueil va prévenir le loueur de vélo situé à leur porte, et lui demander de les recontacter.

Quand celui ci rappelle, il indique aux infortunés qu’il n’a pas de vélo de rechange, seulement un vélo en réparation et que, n’ayant pas de voiture, il va les rejoindre à pied ou avec son propre vélo pour voir ce qu’il peut faire. Entre 30 minutes et une heure de patience vont donc être nécessaires au trio. L’attente commence au bord de la route, près d’un petit étang vert autour duquel pulullent les moustiques.

C‘est alors qu’une voiture de police passe. L’agent sans doute intrigué par la présence ici d’une équipe multi-raciale, arrêtée en pleine cambrousse, stop son engin et demande s’il y a un problème. Saori a tôt fait de lui expliquer la situation en détail. Niwatori est confiant car il voit bien que l’agent est de bonne composition et que son véhicule peut transporter la carcasse inutile du vélo, et ramener le pauvre loueur ici avec un nouveau véhicule rapidement. Quand le policier s’aloigne en riant, Saori revient vers ses coéquipiers. Ceux ci demandent : « alors? » et Saori de répondre « alors rien, il a dit « bon courage » et voilà ». Commentaire de Sakura « voilà, c’est ça la police au Japon! »… L’attente peut donc reprendre…

Au bout de 45 minutes, le sauveur arrive enfin! Il a finalement trouvé un vélo de rechange et un véhicule pour l’apporter. Niwatori s’inquiète de sa réaction lorsqu’il va découvrir l’état de son matériel, et de l’éventuel prix que cela va coûter à l’équipe, en plus du temps perdu, mais l’homme rit de bon coeur et affirme n’avoir jamais vu une telle chose! Il embarque le vélo, laisse le nouveau, et part en leur souhaitant bonne journée…

Le treck peut reprendre. Les candidats arrivent maintenant sur la côte Sud de l’île et continuent de découvrir des panoramas fantastiques. La route alterne entre montées et longues descentes tout en virages. Les paysages défilent. Nous sommes le 11 Octobre, l’été est bel et bien fini, et la chaleur humide du pays a laissé la place à une chaleur sèche. Ce climat combiné aux paysages de bord de mer, rappelle à Niwatori le Sud de son pays d’origine. D’autant plus qu’ici, la spécialité est l’huile d’olive, et que de nombreux champs d’oliviers bordent les routes. On se croirait donc presque en France, s’il n’y avait quelques éléments introuvables en méditerranée…

L‘heure tourne! L’équipe a perdu beaucoup de temps à cause de l’accident de vélo! Il est presque 14h et nos aventuriers ont le ventre vide. Ils filent vers le village le plus proche, en bas d’une grande descente. Malgré la vitesse vertigineuse prise par les engins à deux roues, l’équipe remarque sur le bord de la route une multitude de crabes rouges. Ignorant la faim (ou poussés par elle?) les candidats s’arrêtent pour observer ces crustacés encore loin du bord de mer…

Alors que l’équipe s’emerveille devant les bestioles rapides et colorées, un habitant du coin les salue. Cela pourrait sembler incongru au Japon, mais nos amis ont déjà remarque dépuis leur arrivée, qu’ici, tout le monde se salue, un peu comme sur un sentier de montagne où l’on croise d’autres randonneurs. Une ambiance bien particulière et très agréable. La conversation s’engage donc naturellement autour du thème « d’où vient-il? -Il vient de France -oooh la France! »

Il va alors se produire quelque chose de rare. L’homme invite les candidats à le suivre en disant : « venez, on va vous offrir un peu à manger! Venez! Venez! » Ne se faisant pas prier, le groupe suit le vieil homme quelques mètres plus loin, et pénètre dans une sorte de cour d’ancien temple cachée par de grand arbres. Ici, il y a une table et des bancs. Des marcheurs mangent quelque plat mystérieux concocté par un groupe de femmes qui semble avoir transformé le temple en restaurant. Un groupe d’hommes discute un peu plus loin, près d’une ancienne cloche shinto. Il fait sombre, frais, et le trio prend place. On leur apporte immédiatement du thé et un bol contenant une des spécialités de l’île…

Ce plat typique s’appelle Tokoroten, c’est une préparation à base d’algues, proche de l’agar-agar. Une gelée d’algue en quelque sorte, fabriquée ici même par les retraitées présentes. La « patronne » explique qu’ici, c’est une sorte de refuge ou d’auberge pour les pélerins (il y a un grand pèlerinage dans toute la région, à l’instar de Saint Jacques de Compostelle). Ils sont donc heureux d’accueillir le trio de passage ici. L’occasion pour nos amis de profiter du calme de l’endroit, et de discuter avec ces gens simplement généreux. Un vrai moment de bonheur et de surprise.

Il est temps de reprendre la route pour nos aventuriers qui ont encore du chemin à parcourir. Ils prennent donc congès de leurs hôtes dont la gentillesse et l’ouverture les auront marqué pour très longtemps.

Arrivés à bon port, l’équipe doit maintenant attendre l’arrivée de son ferry pour regagner l’île de Shôdoshima, lieu de l’arrivée de l’étape. S’ils veulent remporter l’épreuve, ils doivent atteindre l’Angel Road avant le coucher du soleil. S’ils y parviennent, ils gagneront une soirée de prestige à la découverte du théâtre traditionnel Kabuki. Mais pour l’heure, ils vont à la rencontre d’un dernier temple, et là encore, l’hospitalité des locaux va les surprendre…

Alors que l’équipe profite de l’attente pour visiter les abords du village et contempler les champs de Cosmos Bipinnatus, ils sont interpellés par deux femmes en kimono sous un grand torii qui leur demandent s’ils font partie du groupe venu de Tokyo pour la cérémonie du thé…

Les aventuriers expliquent que non, mais les femmes les invitent tout de même à participer à cette cérémonie. Ils entrent alors dans une petite pièce tout en tatamis où sont déjà installés plusieurs touristes nippons. L’étroitesse de l’endroit ne permet pas à nos équipes techniques de suivre les candidats, mais voici le compte rendu de Niwatori, très marqué par l’expérience.

« Nous avons été invités à retirer nos chaussures et à entrer dans un petit pavillon divisé en deux pièces séparées par des shôji. Là, il y avait une petite dizaine de personnes agenouillées. Un femme est entrée par l’autre pièce et a apporté à nos voisins une assiette sur laquelle étaient disposés 3 petits gâteaux à l’aspect de macarons. Ils l’ont reçu en s’inclinant 3 secondes, le bout des doigts posés devant les genoux, puis ont dégusté leurs gâteaux. Ce fut ensuite notre tour, et nous avons procédé de même. L’extrême codification du cérémonial m’a fait peur, ne connaissant pas du tout ce qu’il fallait faire. Sakura était à ma droite, et une vieille femme à ma gauche. Sakura ne connaissait pas non plus la gestuelle, et n’a pas fait vraiment comme il fallait. Personne n’a relevé cependant. Quand est arrivé mon tour, j’ai reproduit au mieux les gestes des autres convives. Malgré mes efforts, l’ensemble de la salle s’est mis à rire. A ce moment là, j’aurais vraiment voulu être ailleurs. J’étais très embarrassé. Ensuite, sur le même modèle, on nous a apporté le bol de thé vert, et à nouveau, tout le monde a rit de mes courbettes. J’ai bu mon thé et me suis excusé auprès de l’assemblée qui n’en a que rit plus fort. Le thé était très goûteux et amer. Une sorte de velouté de matcha très différent d’un thé vert classique. Nous nous sommes ensuite retirés pour visiter le temple un peu plus haut et nous remettre de nos émotions avant de reprendre le bateau. Une expérience délicate, mais que je suis très heureux d’avoir vécu! »

Il est largement temps de quitter l’île de Teshima et ses fantastiques habitants, car l’étape du jour se finit bientôt et nos candidats doivent rallier Shôdoshima avant la disparition totale du soleil…

Le sprint final est lancé! Le suspens se fait de plus en plus insoutenable, l’équipe, qui a prit un lourd retard lors du treck à vélo, va-telle réussir à rallier le drapeau rouge avant la limite imposée? A l’arrivée au port de Shôdoshima, une voiture les attend pour les mener à la ligne d’arrivée : l’Angel Road. C’est un lieu incontournable pour les couples de Shôdoshima et d’ailleurs. Une bande de sable qui n’apparait que le temps de la marée basse. Dans moins d’une heure, elle sera complètement recouverte par les eaux, mais avant ça, le trio doit rejoindre le promontoir pour jouir de la vue de cette langue de sable éphémère… le soleil est presque couché…

Et finalement, le pari est gagné! La balise sonne, marquant la fin de la course.

Direction maintenant le lieu de la soirée privilégiée, remportée avec brio par nos trois candidats. Au coeur du monde agricole, sur les pentes des rizières en terrasses, là où l’art du festival est venu poser une grande maison entièrement construite en bambous, se tient ce soir une représentation de Kabuki. Entre chien et loup, l’emerveillement n’a pas fini de gagner l’équipe victorieuse.

L‘art contemporain va maintenant céder la place à l’art ancestral. Nous voici dans la « salle » en plein air, et en pente où tout le monde partage sa couverture avec son voisin. On se déchausse pour prendre place. Notre trio fait de même et s’installe avec un groupe d’amis de leur hôtesse de ce séjour. Ces derniers ont prévu des bentô pour tout le monde…

Le rideau ferme la scène. Une narratrice raconte l’intrigue de la pièce qui va être jouée. Puis le spectacle commence. Les comédiens (exclusivement des hommes dans cette forme théâtrale) entrent en scène, le narrateur « chante » l’histoire entre les dialogues eux aussi déclamés de façon très rythmée. Un koto et un shamisen assurent des transitions musicales, et la magie du théâtre opère, même dans un japonais ancien difficile a comprendre pour les natifs.

Voilà qui clôt l’aventure du jour. Merci de nous avoir suivi, et à bientôt, pour une émission à la durée plus raisonnable.

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5 Réponses

  1. kyn

    Ouahou quel périple accompagné de magnifiques photos (je risque de me répéter souvent donc je m’en excuse d’avance) !!

    06/11/2010 à 16:31

  2. Effectivement, je vois que toi aussi tu as rencontré l’hospitalité des gens de Teshima.

    Shodoshima House de nuit, éclairée, c’est assez magnifique.

    13/11/2010 à 21:57

    • Oui je garderai un très grand souvenir de Teshima, c’est certain!

      14/11/2010 à 00:46

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    27/05/2011 à 21:34

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      27/05/2011 à 21:49

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