balades d'un couple franco-japonais…

Bulles de silence.

Ce soir, nous avons convenu d’un rendez-vous avec des amis pour une sortie restau puis Karaoké (mon premier vrai karaoké japonais! mieux vaut tard que jamais). Sakura travaille, donc elle me rejoindra directement en ville où nous retrouverons nos compagnons de soirée. Je décide donc de me rendre au centre bien plus tôt, histoire de me promener, et pourquoi pas, de trouver un petit temple du nom de Taiyuji. Il semble qu’il soit installé en plein coeur d’Umeda, sans doute un des quartiers les plus agités d’Osaka, et compte tenu de la soirée bruillante qui s’annonce, je parie sur le fait que la visite d’un temple ne pourra que me mettre dans les meilleures dispositions pour affonter la suite. Et je ne me trompais pas, pendant un instant, le temps s’est réellement figé, des génies de pierre ont ouvert leurs yeux, et le silence a englouti le vacarme…

Effectivement, c’est sans aucune difficulté que je trouve Taiyû-ji, au milieu d’un bloc longé par une rue à 4 voies (plus celle du bus, plus celle des vélos) à tout juste 600m de Yodobashi-Umeda… surréaliste? pas au Japon. J’arrive par la porte Ouest, et en passant l’entrée, j’ai la nette impression que quelqu’un a appuyé sur la touche « mute » de la télécommande. Je cherche du regard qui a bien pu éteindre le son, et là, entre l’autel shinto, la grande cloche, les stèles de pierre et les arbres tordus, je rencontre une foule d’autochtones silencieux et appaisants.

Oui, les gardiens du silence de cette cour ouest sont biens discrets, tu ne les a sans doute pas vu sur ces photos, pourtant, en s’approchant sans bruit…

Toutes ces statues sont ici sous la tutelle de Kannon Déesse de la Compassion, très importante pour les Japonais, presque aussi aimée que Jizo, gardien des âmes des enfants…

Mais ce n’est là que la cour ouest, et pendant que je prenais mes photos, pas moins de 5 japonais se sont succédés pour sonner la cloche, ou prier à l’autel shinto, ou simplement s’asseoir un instant au calme. Avant de passer à l’avant du temple, je jette un oeil rapide à l’interieur du petit autel shinto, toujours gardé par un chien et un lion, et je découvre une myriade de petites lanternes au dessus de l’incontournable miroir de la justice (si comme moi tu es fan d’Okami, tu n’oulieras pas de sauvegarder ^^).

Il est temps de passer par l’entrée sud pour s’interesser aux dorures sur les poutres, aux ornements aux dragons d’or, à la tombe de Lady Yodo (si on te demande qui c’est, tu n’auras qu’à dire que t’en sais rien…), et autres objets sacrés dont voici quelques vues.

C‘est donc complètement appaisé que je quitte à regret ce lieu d’une étonnante simplicité, d’un calme aussi intense qu’inattendu, pour marcher un peu à la recherche de n’importe quoi à photographier. Et entre deux attentes à des passages piétons bondés et une visite à Mandarake (magasin de figurine et millions de manga), me voilà ré-aspiré par une petite bulle de silence. Dans une rue minuscule, un petit temple se dresse fièrement devant moi. Je ne connais pas son nom et n’en ai trouvé aucune trace sur le net. Tout ce que je sais, c’est qu’un chat y faisait la sieste et que des statues de vaches étaient elles aussi allongées…

Je continue mon chemin autour d’Umeda en attendant l’heure du rendez-vous. En passant par des champs de grues, je retourne au pied du Sky Building, juste le temps d’un cliché.

L‘heure tourne, je file arpenter les rayons de Yodobashi Camera pour trouver une sacoche por mon apparil photo. Le centre commercial sur 8 étages est resté fidèle à lui même comparé à ma denière visite… Des hordes de japonais, de hordes de hordes de vendeurs, de la musique à gogo et des affiches publicitaires qui tapissent les murs. Finalement je n’achèterai rien, n’ayant pas trouvé mon bonheur, et je file à l’entrée sous terraine du complexe, point de rendez-vous convenu avec Sakura qui va arriver. En l’attendant, j’observe la mascotte du magasin sur un panneau qui lèvre le doigt au ciel… il semble me montrer quelque chose, je m’approche et…

J‘interprète ça comme un message envoyé par Kannon, qui sait que la suite de mon programme met fin aux bienfaits du silence, mais que ceux-ci sont omniprésents, même dans les endroits les moins attendus et qu’il suffit d’être attentif pour les retrouver.

Nous retrouvons donc notre couple d’amis Sakura et moi connaissons bien la fille, mais n’avons encore jamais rencontré son petit ami, un Français. Nous pouvons ainsi comparer nos qotidiens de couples mixtes, nos joies nos peines, nos obstacle et nos victoires… Il est bien plus jeune que moi (et qu’elle) mais on s’entend tout de suite très bien et passons une très bonne soirée dans un restaurant à l’ambiance particulièrement bruillante.

Sur la carte des boissons, je remarque une chose qui ressemble à un blasphème à mes yeux de Grand Adorateur de l’Ordre de Saint James Gate, bref, en amateur de Guiness… Ici ils proposent une Guinness moitié Guinness, moitié pils (bière blonde type heineken)… Non non ce n’est pas une blague. D’abord outré, je refuse d’admettre que celà existe et commande une bonne vieille Kirin… puis de l’umeshu (vin de prune mon péché mignon). L’alcool aidant, je fini par céder à la curiosité et commande enfin cette bière hybride…

Toujours la même question qui m vient dans ce genre de situation : « Mais pourquoi faire?? » Je met un certain temps à plonger mes lèvres dans lebruvage, étant d’abord choqué. Je me souviens avoir dit quelque chose du genre « mais c’est fou, on dirait une femme qui a relevé sa jupe et qui n’a pas de culotte ». Finalement je goute… c’est même pas mauvais… simplement inutile. Quand même, parfois, ils ont de drôles d’idées ces japonais…

Nous filons donc enfin au Karaoké… Bon pas besoin de discours, tout le monde sait comment ça fonctionne. Ici nous sommes dans de petites salles individuelles, on commande des boissons via un téléphon dans la salle, on nous les apporte pendant qu’on chosi nos chansons sur un botin… le reste relèvre du massacre de grands classiques, mas de beaucoup de fou-rires. Une autre amie nous a rejoint histoire de terminer cette journée de la manière la plus conviviale qui soit.

Ma première semaine touche déjà à sa fin… ce soir, nous partons pour Tokyo où m’attendent 3 semaines de solitude.  Je suis pris en étau entre l’angoisse d’etre seul dans la capitale, la tristesse d’être déjà re-séparé de Sakura, et l’excitation de suivre ma formation. Je ne sais pas de quel accès au net je disposerai là bas, donc aucune garantie d’avoir de nouveaux articles d’ici mi septembre… Mais rassure toi, je te raconterai tout dès mon retour à Osaka!

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Une Réponse

  1. Je ne sais pas pourquoi en voyant ce magnifique petit temple au pied des tours je pense aux petits koban : sans doute parce qu’ils sont tous les deux protecteurs du quotidien des japonais et qu’ils ont souvent ce charme désuet …
    Bonne continuation et bon courage pour les semaines à venir à Tokyo !
    Ja mata ne !

    29/08/2010 à 13:32

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