balades d'un couple franco-japonais…

L’errance est humaine.

Tenir un blog dont la vocation est de partager son quotidien n’est pas chose aisée. Bien entendu lorsque les visites s’enchainent, les sujets pour faire des articles ne manquent pas. Mais je ne veux pas faire un blog touristique (enfin pas uniquement). Voilà pourquoi, aujourd’hui, tu vas avoir droit à un compte rendu on ne peut plus banal sur mon occupation principale du jour : laisser mes pieds marcher devant moi. Sakura travaillant aujourd’hui, j’ai décidé de l’accompagner puis de me promener dans le quartier, juste histoire de m’habituer à m’orienter tout seul. Je n’ai rien à voir de spécial, je ne sais même pas si il y a quelque chose à voir ici, et a priori, on ne peut pas dire que ce quartier soit très…attractif. Mais de ponts en ponts, de rues en rues, j’entre encore un peu plus dans le Japon, celui qui n’interesse pas grand monde, sans attentes particulières, seul avec moi même…

Mes premiers pas me mènent sous une voie ferrée. Et là se cache un petit canal. Plusieurs écluses le jalonnent et de petites embarcations vont et viennent, encerclées par le chemin de fer et l’autoroute.

Laisse moi t’expliquer mon modus opérandi de ce genre de virée. Tu vas voir, rien de bien original. J’avance et à chaque croisement, je regarde dans toutes les directions. Si quelque chose accroche mon oeil de façon suffisante pour que je me dise : « tiens! c’est quoi ça? », alors je vais voir. Le problème, c’est qu’on n’a aucune garantie que ce qu’on va trouver sera intéressant. Voilà comment, du petit canal, je suis arrivé en bas de ce bâtiment :

Centre commercial? Bâtiment administratif? Aucune idée. J’entre par une porte au rez de chaussée. Il y a là des restaurants, visiblement hors de portée de mon portefeuille. Des escalators au bout du hall… je vais voir ce qu’il y a au dessus? Ah bein non…escalators fermés… boooon…voilà voilà voilà… des clients qui attendent devant les restaurants me regardent comme si ils voyaient une mouche dans leur assiette. Je vais peut-être aller voir ailleurs si j’y suis moi tiens!

Bon je vais pas te laisser dans l’ignorance, vérification faite, il s’agit d un grand hotel… Si tu veux reserver, c’est par . Et si ce n’est pas dans tes moyens, tu peux toujours venir en bas du bâtiment profiter d’un bain de pied à l’oeil.

Après un peu de marche, mon regard est interpellé par un toit un peu bizarre… Il ne m’en faut pas plus, hop! en route!

Ah! Une église. J’aime bien les églises ici parcequ’elles sont toujours surprenantes pour nous autres habitués à nos architectures cléricales archaïques. Bref, celle là aura au moins eu le mérite de me montrer la Voie… Pas celle du Seigneur, mais celle de la promenade le long des berges qui va me mener jusqu’au Nakanoshima.

A ceux (bien trop nombreux) qui continuent de dire  : « Au Japon, ils se marchent tellement dessus qu’il n’y a de place nulle part pour la verdure ou pour respirer! », je suis fier de montrer qu’en plein coeur d’un quartier d’affaires, outre les 5 squares que j’ai traversé, on trouve des berges aménagées, verdoyantes, arrosées et accueillantes pour se reposer. Et ce n’est absolument pas rare. De plus, ils sont assez malins pour aménager les lieux les moins prédisposés à la verdure, comme par exemple Namba Parks, alors zut à la fin!

Ici, nous sommes aux abords du parc Nakanoshima, premier parc public ouvert par la ville d’Osaka en 1891. Ce bâtiment de style néorenaissance européen est le Osaka Central Public Hall. Construit entre 1913 et 1918, il a joué un rôle important dans le développement culturel d’Osaka. Il a accueilli de grands noms comme Helen Keller ou Yuri Gagarin. On y donnait aussi des concerts de musique classique etc… Maintnant que j’ai fait quelques recherches, je m’apperçois qu’il abrute la plus grande roseraie d’Osaka… il faudra donc que j’y retourne pour voir ça… Mais c’est bientôt l’heure de la pause de Sakura alors en retournant vers son lieu de travail, j’ai tout le loisir de croiser des buildings bien ancrés dans notre époque, ou des escaliers futuristes. C’est ça aussi le Japon : un voyage spatio-temporel à chaque coin de rue.

Avec ces petits riens, ces visites qui n’en sont pas, j’apprends beaucoup. Pas seulement sur les endroits que j’ai traversé, mais aussi sur moi. On n’a pas souvent l’occasion d’être complètement sans repères, livrés entièrement au hasard, et c’est une expérience très plaisante. Trop occupés à faire ce qu’on a à faire, on ne prend pas souvent le temps de perdre son temps, alors qu’on a tellement à y gagner parfois. Sans doute faut-il que ce soit rare pour être appréciable, mais ce soir je me coucherai en pensant : « bon bein aujourd’hui j’ai pas fait grand chose…j’espère que ce sera pareil demain! »

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6 Réponses

  1. remi samouillé

    Remi aime ça! 😉

    26/08/2010 à 13:13

    • Niwatori

      merci mec! On ne voit pas du tout que tu as été nourri aux fesses de bouc ces dernières années 🙂

      26/08/2010 à 16:37

  2. Quand j’ai le temps, c’est aussi ce Japon là que j’aime … et après toutes ces errances enrichissantes, un petit onsen, ne serait-ce que pour les pieds, est toujours le bienvenu ;))

    26/08/2010 à 13:36

    • Niwatori

      Oui c’est pas évident quand on est en visite courte de s’offrir ce genre de déambulations. Pour le onsen, je ne pourrais de toute façon accéder qu’à celui pour les pieds… l’entrée de l’immense majorité des autres m’étant interdite. Enfin bon, je remplace ça par une bone douche une fois rentré à la maison, c’est toujours ça de prit…

      26/08/2010 à 16:40

  3. très bon article 🙂
    J’adore faire ça aussi de temps en temps, me perdre au rythme de ce qui attire ma curiosité.
    Un peu à la manière du « promeneur » de Taniguchi.

    « même en marchant au hasard, je tombe toujours sur des endroits intéressants. Si ça se trouve…Je suis un génie de la promenade. Se promener dans les endroits présentés à la télévision…c’est pas ça la vraie promenade. L’idéal c’est de « se perdre avec nonchalance ». C’est bien dit non?

    27/08/2010 à 19:12

  4. Niwatori

    C’est parfaitement dit! Et plus on le pratique, plus on y prend goût. de toute façon nos emplois du temps avec Sakura m’obligent à avoir pas mal de temps libre et seul… donc ces pérégrinations à l’aveugle seront fréquentes… Comme va le prouver le prochain article.

    28/08/2010 à 02:52

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